Rencontre avec… Charlotte Bousquet.

Comment tu t’habilles avait fondu sur ses Précieuses… pas ridicules ! C’est avec joie que nous rencontrons aujourd’hui Charlotte Bousquet.

 

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Q – Bonjour Charlotte. Tout d’abord, comme il est de tradition sur ce blog, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Charlotte Bousquet. je suis l’auteure d’une vingtaine d’ouvrages pour les adultes et les adolescents, principalement, et d’au moins autant de nouvelles. J’aime explorer tous les genres : fantasy, histoire, thriller, polar, documentaire, bande-dessinée…

Q – As-tu une œuvre de fiction en tête qui a ouvert ton esprit aux Droits de l’Homme ? Ou y en a-t-il une qui t’a particulièrement marquée ?

Le journal d’Anne Frank,  lu quand j’avais douze ou treize ans.  Mais ce n’est pas une fiction.

Le film Fleur du désert, biopic de Waris Dirié. Ce n’est pas non plus une fiction.

Q – Nous avons pu parler sur le blog « Comment tu t’habilles », de ton ouvrage « Précieuses… pas ridicules ! ». Comment s’est construit ce projet ?

Quand Paola Grieco, directrice éditoriale de Gulf Stream, a créé la géniale collection de documentaire “Et toc!”, elle m’a invitée à participer en me proposant des sujets aussi divers que : les femmes, la fantasy et la philosophie. j’ai choisi le premier thème. Paola m’a envoyé les premiers ouvrages sortis, afin que je me fasse une idée de la forme que l’abécédaire pouvait prendre. J’ai commencé une liste de mots, de noms, puis j’ai plongé le nez, les mains, les bras, la tête dans les recherches et, deux ans après la sortie de l’ouvrage, je n’en suis toujours pas sortie. Parce que les noms mènent à d’autres noms, les pistes explorées ouvrent d’autres pistes, etc.

Q – J’ai pu constater une présentation très positive du féminisme dans ce petit dictionnaire intelligent. Tu y présentes des exemples de grandes figures de femmes, des interrogations philosophiques, et je n’ai constaté aucune remarques sur le corps et le physique mis à part l’article sur les blondes (ce qui je dois bien l’avouer a été une très agréable surprise) Était-ce un point de vue voulu ?

Le féminisme est essentiel, surtout en ces temps de régression, de culture du viol, de remise en cause des acquis des femmes – l’IVG en Espagne, par exemple. Sans les féministes, sans les deux Simone, sans Clara Zetkin, sans Olympe de Gouges, sans Gisèle Halimi et toutes ces femmes qui ont fait avancer les choses, nous en serions encore à réclamer le droit de vote…

Quant à parler ou non du corps, je ne suis pas tout à fait d’accord. Certes, je n’évoque pas directement la dictature de la mode imposée par la société ni les problèmes qu’elle engendre, mais j’ai écrit des articles sur la contraception, l’avortement, l’excision et l’orgasme. Si ce n’est pas lié au corps… 🙂 [merci, c’est exactement la réponse que je voulais, ndr]

Q – Tu rencontres de temps en temps des scolaires et des jeunes lecteurs et lectrices : as-tu déjà entendu des remarques, de leur part, sur ces questions de genres et d’égalité qui sous-tendent une bonne partie de ton travail ?

Je sais qu’il y a eu des débats à propos de Rouge tagada au sein de certaines classes et clubs de lecture.Des élèves m’ont effectivement posé des questions à propos dePrécieuses, se sont interrogés sur ces principes de sexualisation  des jouets aux stylos (ah, le stabilo boss rose pour filles…) en passant par les métiers “féminins” (à ce sujet, je recommande vivement le  Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses, de Catherine Dufour), mais, sans croire aux Bisounours, je pense qu’ils sont bien plus ouverts qu’on ne le dit…

Q – Quels sont tes futurs projets aujourd’hui ?

Une bande-dessinée avec Stéphanie Rubini, un roman historique pour ados se déroulant pendant la guerre de 14, d’autres romans (romance, dystopie)… un oeil qui se tourne tout doucement vers le théâtre, aussi.

 

Merci beaucoup à Charlotte pour ses réponses (et n’hésitez pas à aller découvrir ses romans et nouvelles)

Vous pouvez la retrouver sur son blog.

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“Dignité” : du côté de la bande dessinée

Construire une vitrine, choisir ses ouvrages

 

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A l’occasion de l’arrivée de l’exposition « Dignité » d’Amnesty International France à Strasbourg, j’avais proposé aux bénévoles d’Amnesty International Alsace un partenariat avec les librairies de la ville. Il s’agissait de permettre aux différentes enseignes de présenter des ouvrages en rapport avec le thème de l’exposition dans un de leurs vitrines.

C’est avec cette proposition que je suis allée voir Florence, libraire de la librairie de Bds d’occasion Farfafouilles. Et à elle de me proposer toute liberté sur sa vitrine.

Voilà donc quelque chose que je n’avais pas forcément prévue mais avec son aide et une explication claire de ce que je voulais voir en vitrine, nous avons formé une liste d’ouvrages qui nous semblaient intéressants. Par la suite, je suis allée voir le libraire de Cyclops, librairie amie spécialisée en comics, pour compléter notre listing (j’en parlerai dans un second article, la partie « comics » de la vitrine n’ayant pas encore été constituée à ce jour)

Puis ce listing, il a fallu le croiser avec la réserve présente en librairie, et quatre ou cinq ouvrages pris dans nos propres bibliothèques.

DIGNITÉ, DROITS HUMAINS ET PAUVRETÉ : un projet photographique d’Amnesty International, axé sur le rôle central des droits humains dans la lutte contre la pauvreté dans le monde.
L’exposition sera présente dans la grande salle de l’Aubette à STRASBOURG, du 7 au 26 avril 2014. Entrée libre.

En parallèle de l’expo et sur tout le mois d’avril : table-rondes, conférences, débats, soirées témoignages, projections de films, théâtre-forum, concerts et plein d’autres événements à ne pas manquer !


Fondé sur la campagne mondiale d’Amnesty International « Exigeons la dignité », qui a pour objectif de mettre un terme aux violations des droits humains dans le monde, ce projet est axé sur le rôle central des droits humains dans la lutte contre la pauvreté.

Cinq reportages photos réalisés par Philippe Brault, Guillaume Herbaut, Jean-François Joly, Johann Rousselot et Michaël Zumstein, du collectif l’OEil Public, illustrent les violations de droits fondamentaux essentiels au respect des droits humains.

Je voulais à la base deux choses dans cette fameuse future vitrine : des livres de témoignages et Les mèches courtes, sublime chef d’oeuvre de Tillon et Remise, premier volume de la trilogie des Ventres Vides. Mais ce n’était pas avec ces deux souhaits qu’on pouvait vraiment avancer. Du coup nous avons laisser faire le hasard et la présence des ouvrages entre nos mains pour construire quelque chose qui ressemble aujourd’hui à ça :

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Voici donc la liste non exhaustive des ouvrages retenus pour cette vitrine :

  • Les Pieds noirs à la mer, de Fred Neidhart. Marabulles.

  • Couleur de peau : miel, de Jung. Soleil.

  • Gen d’Hiroshima, de Keiji Nakazawa. Vertige Graphique.

  • La voiture d’Intisar, de Pedro Riera. Delcourt.

  • Chroniques de Jérusalem, de Guy Delisle, Delcourt.

  • Persépolis, de Marjana Satrapi. Delcourt.

  • Aquablue, de Thierry Cailleteau. Delcourt.

  • Sillage, de Jean David Morvan. Delcourt.

  • Groënland Manhattan, de Chloé Cruchaudet. Delcourt.

  • Rapt à Lima, de Joan Marin. Sarbacane.

  • L’intruse, de Roannie et Oko. Vertige Graphique.

  • Shenzen, de Guy Delisle. Delcourt.

  • Pawa, de Jean-Philippe Stassen. Delcourt.

  • Kaboul Disco, de Nicolas Wild. La Boîte à Bulles.

  • Les mèches courtes, de Tillon et Remise. Vertige Graphique.

  • Droit d’asile, de Gendrin Etienne. Ronds dans l’O.

  • Droit du sol, de Charles Masson. Casterman.

  • BlackSad – Arctic-Nation, de Juan Diaz Canales et Juanjo Guardino. Dargaud.

Certains choix se sont portés, comme je l’ai indiqué, sur des récits de témoignages : les autobiographiques, comme Persépolis, que l’on ne présente plus ; les biographies anecdotiques romancées, avec la Voiture d’Intisar ; les récits à mi chemin entre le journalisme et l’ethnologie, avec Pawa ; ou les chroniques qu’on pourrait considérer comme plus anecdotiques, avec Chroniques de Jérusalem et Kaboul Disco.

Or il se trouve que ces deux derniers ouvrages, sur lesquels on aurait pu passer pour une manifestation sur les droits de l’homme, sont une des meilleures introductions à la découverte de l’Autre, et au passage de l’écran de télévision à la réalité. Parce que Guy Delisle et Nicolas Wild ne sont pas des militants, et qu’ils offrent donc, l’un sur Jérusalem et la Chine (avec Shenzen) et l’autre sur l’Afghanistan, le regard de celui qui a d’abord connu ces pays par la télévision occidentale, avant d’y vivre « pour de vrai ». Et en passant par cet étape du choc culturel le lecteur arrive à saisir « en douceur » la question des droits humains qui se pose dans ces pays. Ceci dit, les témoignages directs peuvent être tout aussi drôles et enlevés et je défie quiconque de ne pas au moins sourire en lisant la Voiture d’Intisar ou Persépolis.

On s’éloigne par contre totalement de ces présentations légères avec Droit du sol, L’intruse, Rapt à Lima ou Droit d’asile qui, à l’opposé des autres livres de témoignages, se passe cette fois-ci chez nous. Si près qu’il s’agit de témoignages de jeunes sans papiers et demandeurs d’asile rencontré au Foyer du jeune homme de Strasbourg. Ou quand la bande-dessinée sert à ouvrir la porte du voisin d’à côté.

Du témoignage à l’histoire, je me rends compte que la majorité des ouvrages présentés ne font pas œuvre de fiction, même si on aimerait vraiment penser que ces histoires ne sont pas vraies. Ainsi en est-il des deux coups de poing personnels de cette vitrine : Groënland Manhattan et les Mèches courtes, dont j’ai déjà parlé sur ce même blog.

Il ne faudrait pas oublier non plus le témoignage des ravages de la guerre, de l’intolérance face au pacifisme, du désastre nucléaire qu’est la série Gen d’Hiroshima, ou passer sur la quête d’identité de ces trop nombreux enfants coréens arrachés à leur famille avec le très beau Couleur de peau : miel, de Jung.

Mais quand on veut aller vers la fiction, il vaut mieux se diriger vers la bande-dessinée dite « traditionnelle ». Comme je le disais précédemment je ferai un point spécifique sur le comics, mais nous pouvons déjà parler de Sillage, où le droit à la terre est bafoué à partir du moment où l’on se trouve « inférieur » à la race ou la civilisation qui vous envahi. Fallait-il donc se servir de la science-fiction pour asséner un message aussi limpide ? En tant que fan de science-fiction, je ne peux qu’adhérer ! Et ce même si j’ai un faible plus marqué pour Blacksad, et surtout ce volume spécifique : Arctic-Nation, ou comment dénoncer non seulement le racisme, mais également l’intolérance face à la mixité et du métissage (certes joyeusement et hypocritement célébré en France mais vue d’un très sale œil dans de nombreux pays comme les Etats-Unis)

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Exposition Dignité Strasbourg – Avril 2014

Si ce blog a ralenti quelque peu depuis plusieurs mois, c’est parce que son auteur participe à l’organisation d’un événement Amnesty International en Alsace. Il s’agit de l’exposition de photographies intitulées “Dignités”, déjà présentée à Paris et à Toulouse depuis plusieurs années.

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Cette exposition aura lieu tout le mois d’avril à la salle de l’Aubette, place Kleber à Strasbourg. Avant de pouvoir en exposer le programme événementiel, je tenais à vous en décrire le sujet : cinq photographes de terrain, cinq continents, cinq pays, cinq atteintes aux Droits de l’Homme de par le monde. C’est à la fois simple et universel, d’actualité malgré la relative ancienneté du projet.
Je vous laisse découvrir les interviews des cinq photographes dont les oeuvres seront bientôt présentes à Strasbourg.

” Protéger les droits de ceux qui vivent dans la pauvreté n’est pas une simple option – c’est un élément essentiel de toute véritable solution. “

 

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Rencontre avec… Silène Edgar.

Aujourd’hui, je vous invite à rencontrer Silène Edgar, une auteure chère à mon coeur dont j’ai découvert l’écriture avec Moana et la Saveur des Figues.

Niourk

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LVD – Bonjour Silène. Tout d’abord, dis-nous qui tu es.

Silène – Je suis une auteure francophone de 35 ans, j’écris pour la jeunesse et pour les adultes, des nouvelles et des romans, de l’anticipation, de la fantasy et du fantastique, mais aussi des romans historiques (parfois même, je mélange !). Bref, je touche à tout et j’aime beaucoup ça.

J’ai écrit mon premier roman, La Saveur des figues, à 30 ans et je l’ai publié 2 ans après aux Editions du Jasmin.

Depuis, tout roule bien puisque j’ai achevé la trilogie commencée avec ce premier roman et que je me suis amusée à la rédaction d’un recueil de nouvelles coquines et gourmandes, Les Moelleuses au chocolat.

En janvier paraîtront les Fortune cookies, un texte d’anticipation “immédiate” pour adultes.

 
LVD – As-tu une œuvre de fiction en tête qui a ouvert ton esprit aux Droits de l’Homme ? Ou y en a-t-il une qui t’a particulièrement marquée ?

Silène – Je pense à trois textes qui m’ont profondément marquée : je les ai lus tous les trois ensemble, en 4ème, poussée par ma prof de français. Il s’agissait de Niourk, La nuit des temps et Le Passeur. Trois romans de SF qui parlent de la différence de couleurs, de la différence de condition sociale et du rapport à la mémoire. La nuit des temps est une histoire d’amour splendide, mais elle est aussi une belle utopie et j’ai beaucoup aimé cette réflexion sur notre société. De même, Niourk pose de belles questions sur ce qu’il adviendra de nous, de notre rapport à la nature comme à la connaissance (Depuis, j’ai  même fait un support pédagogique sur Niourk pour les éditions Bragelonne ! Je conseille à tous les fans la lecture de la thèse de Laurent Genefort). Le Passeur est mon préféré, le plus tendre et le plus amer des 3.

Ces trois œuvres ont profondément inspiré mon roman Moana.

 
LVD – Tu écris, tu lis, tu enseignes (le français, en collège ndr) : à ton avis, quel impact peut avoir la fiction sur le lecteur ou le spectateur, par rapport aux infos télévisés, aux documentaires et aux essais ?

Silène – Je pense que tout cela forme un tout : jusqu’au lendemain de la seconde guerre, les gens lisaient moins, ils n’avaient pas accès aux médias et les auteurs s’adressaient plutôt à une élite. Aujourd’hui, nous devons imaginer que l’accès à la culture est plus facile mais aussi plus facilement “téléguidable” grâce aux ressorts de la publicité ; pour moi, cela amène à trois idées essentielles,

D’une part, la fiction donne la possibilité de s’adresser à tous et non pas à une élite intellectuelle comme au siècle dernier, on peut donc faire passer des messages à grande échelle.

Secundo, je sais aussi qu’un roman n’est qu’une goutte dans l’océan culturel offert au public, il ne s’agit pas de s’imaginer révolutionner le monde.

Enfin, on sait la mercantilisation de l’art permet des petits miracles – Hunger Games et sa conception marxiste de l’histoire qui devient un blockbuster hollywoodien !! – et de vraies horreurs – Twilight et sa conception rétrograde et misogyne qui devient un blockbuster hollywoodien !!

À nous, auteurs engagés, de tirer partie de cette chance tout en nous imposant une réflexion permanente sur l’intelligibilité de notre message : si j’écris bien, on me lira d’autant plus, mais je dois aussi veiller à ne pas laisser corrompre mon discours.

 
LVD – Moana est une œuvre emplie de tendresse et d’affection : quitte à paraître naïve, l’amour peut-il sauver le monde ?

Silène – Ce n’est pas naïf, cela dépend de ce qu’on met dans ce mot d’amour.

L’amour du genre humain de façon générale me semble être le seul espoir de notre société pourrissante. Etre persuadé que l’homme vaut qu’on se batte pour lui, que la misère est inacceptable et qu’elle est le nid de toutes les dérives, racisme, sexisme, intolérance, que la culture et l’art sont essentielles à l’être humain pour vivre, si c’est cela qu’on appelle “amour”, oui, alors.

Si c’est une conception mystico-spirituelle, je pense que cela ne nous aidera pas. 😉 Je suis athée et je ne crois qu’en l’homme !

Que les hommes puissent se nourrir convenablement, au propre comme au figuré, et on pourra alors s’imaginer un avenir meilleur.

 
LVD – Quels sont tes prochains projets “militants” ? Et les autres ?

Silène – La publication des Fortune Cookies va être un grand moment pour moi car j’y ai mis l’essentiel de mes idées sur notre société. Cependant, c’est une tragédie, au sens grec du terme, ne vous attendez pas à un message positif comme dans mes écrits jeunesse !

Mais j’ai aussi des projets plus gais  avec 14-14, un roman coécrit avec Paul Beorn sur la guerre de 14. Celui-ci est beaucoup plus optimiste. Enfin, autant que le sujet le permet : c’est la guerre de 14 quand même…

Cela reste un projet militant car nous y parlons de l’importance de l’instruction. Mais c’est surtout un beau roman d’amitié.

En juin paraîtra une novella de fantasy burlesque, Féelure, toujours chez Bragelonne. Ce texte peut paraître non-militant et pourtant, comme Les Moelleuses au chocolat, il est l’expression de mes idées sur la condition féminine. Mais de façon rigolote et détournée, comme dans mes nouvelles !

Enfin, je travaille sur un gros projet qui n’en est encore qu’à ses premiers balbutiements, une saga de 1847 à 1947. La question de la transmission, l’étude des fondements du libéralisme, la condition féminine, les révolutions de 1848 et 1870, la première guerre… il va y avoir beaucoup de liens avec tout ce que j’ai fait jusqu’à présent !

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Rencontre avec… Florence, libraire

C’est samedi, c’est donc thé, gâteaux et rencontre !
Aujourd’hui j’aimerai laisser la parole à Florence, libraire strasbourgeoise de Farfafouilles, lieu de la bande-dessinée d’occasion connu et reconnu !

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Je m’appelle Florence, je suis salariée depuis une vingtaine d’année dans une librairie spécialisée de bandes dessinées d’occasion à Strasbourg. J’ai ainsi la possibilité de lire tous types de bandes dessinées, du blockbuster sorti la veille à des titres parus il y a plus de 100 ans ou bien des productions à tirage très restreint. Je suis aussi complètement indépendante dans mes choix de vitrines ou mises en avant de tels ou tels titres vu que je ne suis pas cliente des éditeurs, donc éloignée des contingences liées à l’actualité BD.

[…]

J’ai dévoré tous types de livres dès mon plus jeune âge, j’ai “lu” des Tintin alors que je ne savais pas lire. Ainsi je ne comprenais pas ce que faisaient des Noirs dans une cale qui disaient « Missé, nous on est des bons Noirs, on veut aller voir la Mecque » et pourquoi le capitaine Haddock était donc si énervé contre ce type qui accoste sur le pont du navire et regarde leur dentition et leur musculature. Coke en stock, Hergé, 1958.

Puis j’ai lu, Un capitaine de 15 ans de Verne (1878) dans la Bibliothèque verte. Où l’on voit des Noirs faire commerce d’autres Noirs entre autres. Puis Racines de Haley, à sa sortie en 1978, j’avais 15 ans, (merci la bibliothèque), un travail de recherche bibliographique donnant comme résultat une grande saga familiale qui débute en Afrique (Gambie) par la déportation de l’aïeul de l’auteur en Amérique, et qui nous fait découvrir la condition des Noirs tout au long de cette remontée dans sa généalogie. Bref, dès mon plus jeune âge j’ai donc bien reçu le message: « On est tous égaux, mais certains plus que d’autres ».

Je n’ai pas la fibre militante, je suis énervée par nature par tout ce qui a trait à l’injustice. Mes actions sont la parole et peu d’actes sinon une pétition par ci par là. Ex : la chouette coupe du monde qui a eu lieu en Argentine alors que le sympathique Mr Videla torturait à tour de bras dans la cave d’à côté des stades (1978, j’étais en 3eme et passais des pétitions)

Quand j’étais plus jeune, je croyais que les vieux cons allaient tous mourir, mais pas qu’ils allaient être remplacés par des jeunes cons. Ça m’a pété le moral.

Je crois encore pourtant que le passage d’informations par le biais de tout support, la parole ou le texte ou bien l’image peut aider à toucher du monde et que, peut être, gouttelette après gouttelette quelque chose va se produire. J’ai le pessimisme optimiste. La bande dessinée, comme tout support de création peut communiquer sur les droits de l’homme. Tout dépend des artistes.

Quelques fois, ça se niche là où on ne l’attend pas. Un épisode de Léo Loden (Arleston -“Lanfeust” et Carrère) chez Soleil, à priori très consensuel ou l’on voit en arrière fond un trafic de migrants par des passages par containers via la Bretagne qui ne finit pas en Happy end (vol 20 – Langoustines breizhées).

Ou bien c’est d’un militantisme revendiqué, comme les albums de Reporters sans frontière, ou bien Amnesty International, et du coup, ils ne touchent pas forcément le lecteur lambda qui peut même fuir à la vue du logo pensant qu’on va encore lui faire la leçon et gâcher son plaisir.

Pour rester dans la veine des livres sur le commerce triangulaire, un bon vieux classique, méchamment documenté : Les passagers du vent de Bourgeon, paru chez Glénat en 1979, et qui a connu une suite en 2009 avec La petite fille de bois caïman. Dans un registre plus drôle Ile bourbon 1730 de Trondheim et Appollo, Delcourt, 2007 est un pur régal (corsaires, dodos, nèg’marrons et blonde évaporée).

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Planète à louer – Yoss

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Titre : Planète à louer.
Auteur : Yoss.
Année : 2011.
Editeur : Mnémos / Dédales.
Genre : Science-fiction.

Nombre de pages : 256

Public : Adolescent/Adulte.

Quatrième de couverture :

« Toute ressemblance entre la Cuba des années 1990 et cette terre du XXIe siècle est purement intentionnelle »

Dans un futur indéterminé, une guerre nucléaire totale est sur le point d’éclater. Afin de sauver la Terre, des espèces extraterrestres en prennent possession, après avoir fait montre de leur force en annihilant l’Afrique. Ils y imposent des règles draconiennes visant à rétablir l’équilibre écologique. Un siècle plus tard, notre planète est redevenue un paradis, un « monde souvenir », où les riches xénoïdes viennent faire du tourisme. Mais derrière l’image d’Épinal, les conditions de vie des Terriens sont loin d’être idylliques.

Buca, la prostituée, Moy, l’artiste métis ou Alex, le scientifique de génie, tous n’aspirent qu’à une seule chose : fuir… partir… s’exiler… quitter la Terre… par tous les moyens !

Avis :

Il y a Star Trek, le côté optimiste et humaniste de la rencontre entre espèces extra-terrestres. Et de l’autre côté du miroir, il y a Planète à louer. Suite de nouvelles de science-fiction, nous avons ici des textes à double, voire triple lecture : celle, diablement bien menée et divertissante de la science-fiction pure ; celle, tragique, des personnages ; et celle, politique, de ce petit bout de territoire que des colonisateurs ont décidé d’acquérir, sans prendre en compte l’avis des habitants.
On y décèle Cuba, on peut y voir d’autres pays, d’autres temps, d’autres actualités, sans que cela n’ôte rien à la force de l’écriture de Yoss.
Pour moi, une lecture indispensable et un des plus beaux et plus forts ouvrages de science-fiction de ces dernières années.

Intérêt militant : Ce qui se passe après la colonisation, et quels “choix” ont les peuples pour s’en sortir. J’ai pensé beaucoup à l’Afrique en le lisant (choix : faire le trottoir en Europe ou entrer dans un grand club de foot ?) parce qu’il s’agit du sujet qui m’est le plus “proche” Yoss atteint ici l’universalité même s’il parle, d’abord, de son pays, Cuba.

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C’est lundi que lisez-vous ? #3

90079052_o 9782253168515-T Couverture La colline de l'oubli 002

Trois romans cette semaine :
Certaines n’avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka.
L’Elimination, Rithy Oanh avec Christophe Bataille.
La Colline de l’Oubli, Eve Terrellon (en lecture pour Comment tu t’habilles)

Et vous, que lisez-vous ?

 

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