“Dignité” : du côté de la bande dessinée

Construire une vitrine, choisir ses ouvrages

 

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A l’occasion de l’arrivée de l’exposition « Dignité » d’Amnesty International France à Strasbourg, j’avais proposé aux bénévoles d’Amnesty International Alsace un partenariat avec les librairies de la ville. Il s’agissait de permettre aux différentes enseignes de présenter des ouvrages en rapport avec le thème de l’exposition dans un de leurs vitrines.

C’est avec cette proposition que je suis allée voir Florence, libraire de la librairie de Bds d’occasion Farfafouilles. Et à elle de me proposer toute liberté sur sa vitrine.

Voilà donc quelque chose que je n’avais pas forcément prévue mais avec son aide et une explication claire de ce que je voulais voir en vitrine, nous avons formé une liste d’ouvrages qui nous semblaient intéressants. Par la suite, je suis allée voir le libraire de Cyclops, librairie amie spécialisée en comics, pour compléter notre listing (j’en parlerai dans un second article, la partie « comics » de la vitrine n’ayant pas encore été constituée à ce jour)

Puis ce listing, il a fallu le croiser avec la réserve présente en librairie, et quatre ou cinq ouvrages pris dans nos propres bibliothèques.

DIGNITÉ, DROITS HUMAINS ET PAUVRETÉ : un projet photographique d’Amnesty International, axé sur le rôle central des droits humains dans la lutte contre la pauvreté dans le monde.
L’exposition sera présente dans la grande salle de l’Aubette à STRASBOURG, du 7 au 26 avril 2014. Entrée libre.

En parallèle de l’expo et sur tout le mois d’avril : table-rondes, conférences, débats, soirées témoignages, projections de films, théâtre-forum, concerts et plein d’autres événements à ne pas manquer !


Fondé sur la campagne mondiale d’Amnesty International « Exigeons la dignité », qui a pour objectif de mettre un terme aux violations des droits humains dans le monde, ce projet est axé sur le rôle central des droits humains dans la lutte contre la pauvreté.

Cinq reportages photos réalisés par Philippe Brault, Guillaume Herbaut, Jean-François Joly, Johann Rousselot et Michaël Zumstein, du collectif l’OEil Public, illustrent les violations de droits fondamentaux essentiels au respect des droits humains.

Je voulais à la base deux choses dans cette fameuse future vitrine : des livres de témoignages et Les mèches courtes, sublime chef d’oeuvre de Tillon et Remise, premier volume de la trilogie des Ventres Vides. Mais ce n’était pas avec ces deux souhaits qu’on pouvait vraiment avancer. Du coup nous avons laisser faire le hasard et la présence des ouvrages entre nos mains pour construire quelque chose qui ressemble aujourd’hui à ça :

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Voici donc la liste non exhaustive des ouvrages retenus pour cette vitrine :

  • Les Pieds noirs à la mer, de Fred Neidhart. Marabulles.

  • Couleur de peau : miel, de Jung. Soleil.

  • Gen d’Hiroshima, de Keiji Nakazawa. Vertige Graphique.

  • La voiture d’Intisar, de Pedro Riera. Delcourt.

  • Chroniques de Jérusalem, de Guy Delisle, Delcourt.

  • Persépolis, de Marjana Satrapi. Delcourt.

  • Aquablue, de Thierry Cailleteau. Delcourt.

  • Sillage, de Jean David Morvan. Delcourt.

  • Groënland Manhattan, de Chloé Cruchaudet. Delcourt.

  • Rapt à Lima, de Joan Marin. Sarbacane.

  • L’intruse, de Roannie et Oko. Vertige Graphique.

  • Shenzen, de Guy Delisle. Delcourt.

  • Pawa, de Jean-Philippe Stassen. Delcourt.

  • Kaboul Disco, de Nicolas Wild. La Boîte à Bulles.

  • Les mèches courtes, de Tillon et Remise. Vertige Graphique.

  • Droit d’asile, de Gendrin Etienne. Ronds dans l’O.

  • Droit du sol, de Charles Masson. Casterman.

  • BlackSad – Arctic-Nation, de Juan Diaz Canales et Juanjo Guardino. Dargaud.

Certains choix se sont portés, comme je l’ai indiqué, sur des récits de témoignages : les autobiographiques, comme Persépolis, que l’on ne présente plus ; les biographies anecdotiques romancées, avec la Voiture d’Intisar ; les récits à mi chemin entre le journalisme et l’ethnologie, avec Pawa ; ou les chroniques qu’on pourrait considérer comme plus anecdotiques, avec Chroniques de Jérusalem et Kaboul Disco.

Or il se trouve que ces deux derniers ouvrages, sur lesquels on aurait pu passer pour une manifestation sur les droits de l’homme, sont une des meilleures introductions à la découverte de l’Autre, et au passage de l’écran de télévision à la réalité. Parce que Guy Delisle et Nicolas Wild ne sont pas des militants, et qu’ils offrent donc, l’un sur Jérusalem et la Chine (avec Shenzen) et l’autre sur l’Afghanistan, le regard de celui qui a d’abord connu ces pays par la télévision occidentale, avant d’y vivre « pour de vrai ». Et en passant par cet étape du choc culturel le lecteur arrive à saisir « en douceur » la question des droits humains qui se pose dans ces pays. Ceci dit, les témoignages directs peuvent être tout aussi drôles et enlevés et je défie quiconque de ne pas au moins sourire en lisant la Voiture d’Intisar ou Persépolis.

On s’éloigne par contre totalement de ces présentations légères avec Droit du sol, L’intruse, Rapt à Lima ou Droit d’asile qui, à l’opposé des autres livres de témoignages, se passe cette fois-ci chez nous. Si près qu’il s’agit de témoignages de jeunes sans papiers et demandeurs d’asile rencontré au Foyer du jeune homme de Strasbourg. Ou quand la bande-dessinée sert à ouvrir la porte du voisin d’à côté.

Du témoignage à l’histoire, je me rends compte que la majorité des ouvrages présentés ne font pas œuvre de fiction, même si on aimerait vraiment penser que ces histoires ne sont pas vraies. Ainsi en est-il des deux coups de poing personnels de cette vitrine : Groënland Manhattan et les Mèches courtes, dont j’ai déjà parlé sur ce même blog.

Il ne faudrait pas oublier non plus le témoignage des ravages de la guerre, de l’intolérance face au pacifisme, du désastre nucléaire qu’est la série Gen d’Hiroshima, ou passer sur la quête d’identité de ces trop nombreux enfants coréens arrachés à leur famille avec le très beau Couleur de peau : miel, de Jung.

Mais quand on veut aller vers la fiction, il vaut mieux se diriger vers la bande-dessinée dite « traditionnelle ». Comme je le disais précédemment je ferai un point spécifique sur le comics, mais nous pouvons déjà parler de Sillage, où le droit à la terre est bafoué à partir du moment où l’on se trouve « inférieur » à la race ou la civilisation qui vous envahi. Fallait-il donc se servir de la science-fiction pour asséner un message aussi limpide ? En tant que fan de science-fiction, je ne peux qu’adhérer ! Et ce même si j’ai un faible plus marqué pour Blacksad, et surtout ce volume spécifique : Arctic-Nation, ou comment dénoncer non seulement le racisme, mais également l’intolérance face à la mixité et du métissage (certes joyeusement et hypocritement célébré en France mais vue d’un très sale œil dans de nombreux pays comme les Etats-Unis)

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